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La Grèce pays européen privilégié face au Brexit?

            Depuis le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni ne fait plus parti de l’Union européenne. Toutefois, jusqu’au mois de décembre 2020, le droit de l’Union européenne (UE) continue de s’appliquer pour les deux parties prenantes (Royaume-Uni et Union européenne). A l’aube de la sortie des Britanniques, l’UE comptait sur cette période de transition pour conclure un accord de libre-échange. Or, Boris Johnson, le Premier ministre britannique actuel, a maintenu sa position de « no deal Brexit » qui entraine l’absence d’accord entre l’UE et le Royaume-Uni. Le gel des négociations du à la pandémie mondiale avait laissé croire à une brèche vers la conclusion d’un timide accord. En effet, cet été, le Parlement britannique a étendu l’application du droit de l’UE en matière douanière jusque juillet 2021. Néanmoins, cette avancée ne fut qu’un cas isolé. En outre, de la genèse des négociations jusqu’aujourd’hui, les deux parties ne sont pas parvenues à trouver un accord commun. C’est donc une sortie « no deal » qui se prépare pour la fin de l’année.

            Mais quelles conséquences pour la Grèce ?

            La Grèce fait partie de l’Union européenne or, dues à des relations économiques et juridiques historiques, le Royaume-Uni et les citoyens grecs ont toujours bénéficié de normes spéciales et mutuellement adaptées. Le Brexit ne semble pas changer cette relation de longue durée. En effet, avant la sortie officielle du Royaume-Uni, le Gouvernement grec a adopté la loi 4652/2020 visant à règlementer les futures relations entre la Grèce et l’île britannique, pendant la période de transition. Cette loi (versions PDF en grec : https://www.hellenicparliament.gr/UserFiles/c8827c35-4399-4fbb-8ea6-aebdc768f4f7/11167727.pdf) tend à protéger le statut et les droits des britanniques résidant actuellement en Grèce ainsi que les futurs arrivant. L’objectif de cette loi a été de lever les incertitudes relatives à ce qui est ou sera ou non en vigueur jusqu’au retrait définitif du Royaume-Uni le 31 décembre 2020. Les normes issues de cette loi portent notamment sur les droits sociaux (emploi, assurance…) des personnes qui ne seront plus soumises au droit de l’Union européenne dans le cas du « no deal ».

            Toutefois, cette loi est en vigueur seulement pendant la période de transition. Ainsi, à compter du 31 décembre 2020, le Royaume-Uni devient un pays tiers de l’Union européenne et par extension, de la Grèce. Les entreprises grecques et britanniques se préparent à un changement douanier important du fait de l’absence de conclusion d’accord de libre-échange. Des procédures douanières vont alors remplacer la libre circulation des biens et des personnes entre le Royaume-Uni et la Grèce.

            Néanmoins, l’absence d’accord ne freine pas les échanges commerciaux très fréquents entre les deux États. En effet, une nouvelle stratégie émanant récemment de certaines entreprises britanniques tendrait à acquérir la nationalité grecque ou chypriote. Ainsi, ces entreprises s’assurent une porte d’entrée par et vers l’Union européenne et, continuent ainsi de bénéficier du principe de libre-échange. Cette solution, dont peuvent se prévaloir les grandes entreprises, s’étend également à d’autres nationalités telles que portugaise, autrichienne ou encore maltaise. Ainsi, il semblerait que, contrairement aux négociateurs officiels, la pratique et ses acteurs parviennent plus aisément à s’adapter au futur post-Brexit de 2021.