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Affaire du Crédit Suisse : 150 millions de dollars détournés par un ancien gestionnaire

Depuis plusieurs jours se tient un procès important au Tribunal correctionnel de Genève : celui de Patrice L., ancien gestionnaire auprès du Crédit Suisse. En effet, ce dernier est non seulement accusé du détournement de près de 150 millions de dollars mais également de faux après avoir usé de la signature de ses clients dans des contrats de prêt et ordonné des instructions sans leur accord préalable.

L’affaire, déjà médiatique quant à son enjeu financier l’est d’autant plus au regard de ses plaignants. On compte parmi eux plusieurs personnalités importantes telles que M. Vitali Malkine, oligarque russe et ancien sénateur dont les pertes sont estimées à 21 millions de dollars, ou encore M. Bidzina Ivanishvili, milliardaire et ancien premier ministre de Géorgie.

L’enquête montre qu’afin de compenser les pertes sur le compte de certains de ses clients, M. Patrice L. effectuait depuis plus de huit ans des virements aux sommes importantes sur le compte de ses clients les plus fortunés en direction des premiers de sorte que les pertes ne soient pas manifestes. L’accusé, représenté par Me. Simon Ntah et considéré à l’époque comme l’un des plus grands gestionnaires du Crédit Suisse au niveau mondial, a reconnu l’essentiel des faits retenus dans l’acte d’accusation du Procureur dont le détournement des fonds à hauteur de 150 millions de dollars.

Par ailleurs, l’enjeu principal de cette affaire n’est pas tant le volet pénal et la peine encourue par M. Patrice L. En effet, bien que ce dernier soit détenu depuis janvier 2016, les clients du Crédit Suisse attendent principalement de ce procès de recouvrir leurs fonds et espèrent que ceux-ci ne seront pas confisqués par l’Etat. Il est vrai que le meilleur scénario serait à leurs yeux, et comme l’expliquent leurs avocats, que ces sommes soient allouées au Crédit Suisse, lequel se chargera par la suite de la redistribution.

Le jugement du Tribunal correctionnel est attendu pour le 9 février 2018 et permettra de répondre à cette question épineuse. En attendant, ce procès ternit considérablement l’image du Crédit Suisse dont la responsabilité se devra d’être discutée ultérieurement notamment en raison du manque cruel de vigilance dont ont fait preuve les supérieurs hiérarchiques de l’accusé.